Sur base de quelques thèmes déjà connus des enfants, le trio dévoile les processus et les possibilités de l’improvisation. Comment partir d’une mélodie et se réinventer ? Qu’est-ce qu’improviser ? En tant que processus, dans la vie de tous les jours, comme dans la parole ou dans la musique ? Comment s’approprier un langage pour dire quelque chose à soi ? L’impro dans le viseur, voilà la thématique qui sera décortiquée par ces trois acolytes du jazz !

Comme les standards de jazz ne sont autres que les grandes chansons de Broadway que les gens connaissent, et sur lesquels les musiciens ont choisi de se baser afin que le public apprécie mieux leurs improvisations, on a pris le parti d’expliquer l’improvisation à partir des seuls thèmes que tous les enfants connaissent : les comptines. Parfois ils chantent un thème avec nous avant que l’on parte en improvisation.

On les invite à reconnaître quelques thèmes à leur mélodie, puis à la couleur de leurs harmonies. On explique la différence entre la mélodie (le contour dans un dessin) et l’harmonie (la couleur).

Le jazz n’est pas seulement un style, il consiste avant tout en une approche créative de la musique, étant donné qu'il est basé sur l’improvisation. Le concept même d’improvisation est neuf pour les petits. Dans ce monde de plus en plus modélisé, leur apprendre à chanter leur chanson favorite de façon personnelle, ou de prendre des libertés avec ce qui est « écrit », prévu, normal...paraît essentiel.

Une douce folie, au sein d’une poétique musicale qui libère l’esprit et cultive l’âme des plus petits ;-))

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Excellent saxophoniste et flûtiste, coltranien dans l’âme, qui délivre un jazz « free », engagé dans son époque comme le prouve son dernier opus avec le même trio Austerity and…What About Rage ? ( label Igloo), Manu Hermia n’est pas un inconnu pour moi. Je l’avais retrouvé au Belgian Jazz Meeting en 2011, en trio avec Manolo Cabras (cb) et Joao Lobo (dms) mais la première rencontre remonte au Flemish Jazz Meeting, toujours in Bruges en 2007, et à Avignon avec la formidable opération Le jazz perd le nord, montée conjointement par l’AJMI avec le Théâtre des Doms enclave belge au sein de la cité papale, dans un programme raga, libertaire et métissé, Rajazz en 2007.

Le projet au cœur de ce tout nouvel album, n’est pas moins libre : trois jazzmen s’adressent aux enfants et à tous ceux qui ont envie d’aimer le jazz. Des improvisations à partir de standards que connaissent petits et grands, les comptines. Que vous ayez ou non l’âge des kids, le résultat est étonnant et franchement convaincant, des premières notes de « Frère Jacques » jusqu’au final « Bonsoir tout va bien » tendrement mélancolique d’Yves Barbieux. Moi qui ai dépassé la limite depuis longtemps et que ce genre de rengaine ennuie en général, j’ai dû remballer mes préjugés : ces rengaines éculées ont une vie propre et sonnent jazz, si on sait en jouer. Après tout, Coltrane a repris jusqu’au vertige « My favorite things ». En jazz ce n’est pas tant ce que l’on joue mais comment on l’interprète qui fait la différence Ecoutez une petite suite de 3 pièces sur… « Une Souris Verte » dont les qualificatifs pourraient décrire cette musique «Speed», "triste", "libre".

Les arrangements de Manu Hermia nous aident à saisir mélodie et harmonie par tout un dispositif ingénieusement expliqué et dessiné dans la pochette : on reconnaît très vite la mélodie et on peut même la chanter mais les couleurs et les rythmes diffèrent, ce qui donne du goût et d’une saveur nouvelle à ces antiennes même pas viriles, comme aurait soufflé Brassens. Je songe au Sétois car figure en fin d’album une version revigorante d’ « A La Claire Fontaine ».

Lignes de saxophones légères, dessinées avec fluidité, flûte qui chante et danse (« Meunier, Tu dors » ou sur « Une Souris Verte et Triste »), piano élégant, romantiquement evansien, contrebasse soutien efficace et discret du trio, voilà les points forts, ce qui fait tout le charme de ce Jazz for Kids.

Ajoutons que le groupe vient d’animer pour le plus grand bonheur de tous, sur quelques jours les après midis des Têtes de Jazz de l’AJMI, pendant le off du festival d’Avignon. Chaque chanson était prétexte à raconter le jazz au travers d’une histoire ou d’une devinette, à décortiquer ce qu’est l’improvisation. En s’amusant et de façon interactive. Ce qui est essentiel avec les enfants. Réjouissant et ludidactique donc.

Sophie Chambon

http://www.lesdnj.com/2016/07/jazz-for-kids.html

Le Soir, Belgique,25 aout 2015, par Philippe Bodeux

Pas sûr qu’il n’y ait que les enfants qui accrochent au « Jazz for kids » de Manuel Hermia. « Je rencontre des parents qui me disent, après le concert, qu’ils ont enfin compris l’improvisation en jazz ! ». Au départ de comptines ou d’airs connus, Manuel Hermia (saxophones), Sam Gerstmans (contrebasse) et Raf D Backer (piano) développent de courtes improvisations ou proposent des devinettes musicales de manière à décortiquer, de manière didactique, les éléments fondamentaux de la musique. La basse qui marche, le saxophone qui trace la mélodie comme le contour d’un dessin et le piano qui apporte des couleurs. « Jouer et improviser, c’est raconter une histoire », explique Manuel Hermia qui propose aux enfants trois interprétations de la souris verte. Si la matière est basique, les improvisations restent franches, sans compromis. Free jazz, Be Bop ou arrangements à la Bill Evans : le trio ouvre des portes de manière lisible et interactive. « Le jazz est une musique considérée comme difficile. Elle peut être aussi très amusante et accessible au plus grand nombre s’il l’on y met un peu de pédagogie », déclare Manuel Hermia.

  • Cédric Raymond
    Piano
  • Manuel Hermia
    Alto sax
  • Sam Gertsmans
    Double bass
 Jazz for kids l'impro dans le viseur teaser
Jazz for kids l'impro dans le viseur teaser
Jazz for kids presentation
Jazz for kids presentation
Jazz for kids: l'impro dans le viseur
Jazz for kids: l'impro dans le viseur