Le jeune jazz européen est riche de saxophonistes qui, à l’instar de leur “grand frère” américain Tony Malaby, ont opté pour un jeu sobre, intiiste et puissant, libéré des fardeux stylistiques.

Un “ retour à la terre” qu’affectionent par exemple Matthieu Donarier, Alexandra Grimal, ou encore Manuel Hermia, saxophoniste belge dont “Long Tales and Short Stories” constitue une simple et nouvelle étape au sein d’une discographie et d’une activité scénique abondantes, caractéristiques par une insatiable curiosité artistique et culturelle.

Ici, dans la formule naturellement dépouillée du trio, en compagnie des exceptionnels et très élastiques Manolo Cabras et Joao Lobo, Hermia transmet un feeling brut et sans fard: sonorité mate et vibrato serré à l’alto et au ténor, timbre plus typé au soprano, très Coltranien, recours fréquent à la flûte – moyen naturel pour Hermia de retranscrire à sa manière son attirance pour la musique indienne ( nulle imitation ni caricature ne sont fort heureusement à déplorer ).

Du jazz? Bien sûr, mais plus que cela, de poignantes “histoires courtes”.

Eric Quenot

Jazzmag février 2012