Né à l’aube du nouveau millénaire, Slang écume les subtilités du siècle dernier pour échafauder un langage résolument moderne, aventureux et exitant.

De John Coltrane à Dr. John en traversant le prisme multiculturel des musique dites “ethniques”, les morceaux de ce quatrième album choisissent de ne surtout pas choisir, évitant soigneusement de se laisser enfermer dans un carcan trop étroit, trop rigide. Ca, la musique de Slang ne le supporterait pas car c’est de cette ingénue décision que naît l’innovation. Dans cette centrifugeuse des sens, le coeur de l’atome, le jazz, se décante pour accélérer la fusion, insuffler la pulsion énergétique et vitale, l’âme de cette musique sans ancrage...

Emmené par un Manuel Hermia ( saxophone, flûte, voix et bansuri ) déchaîné, Slang roule à contresens, avale le bitume sans jamais freiner, empruntant volontairement des sentiers escarpés, des chemins dangereux. les routes balisées, Slang les laisse aux autres. Pour l’heure, on a beau retourner Karmasutra dans toutes les positions, il ne nous lasse pas. Et, après 69 écoutes, c’est plutôt bon signe... ( Nicolas Alsteen )