Manu Hermia nous propose « Le Murmure de l’Orient », un coffret particulier puisqu’il contient musiques, sons, photos et réflexions. Comme un carnet de voyage intérieur. Serait-ce le coffret d’une quête et d’une recherche personnelle ? On peut légitimement se poser la question au terme de l’écoute de ces deux disques livrés par un souffleur belge : Manu Hermia, jeune trentenaire, saxophoniste de jazz, goûteur d’expériences.

On a pu le voir ces derniers temps dans le groupe Slang et comme musicien pour les spectacles de cirque contemporain Feria Musica. Les dernières expériences fortes de l’interprète sont des voyages en Inde, vaste pays aux richesses culturelles et humaines impressionnantes. La flûte bansuri locale l’a happé, séduit, envoûté. Il l’a faite sienne comme s’il s’agissait d’une nouvelle compagne pour la vie. Taillée dans le roseau, la bansuri a de nombreuses caractéristiques : légère, aérienne, lyrique, poignante.

Manu Hermia l ‘utilise comme partenaire d’une histoire qu’il décline musicalement et verbalement.

Ce double CD est accompagné d’un livret de 18 pages avec photos captées par l’auteur, reflets de moments d’existence, de découvertes, de réflexions philosophiques et humanistes. La sérénité est omniprésente. La profondeur aussi. Compositions et improvisations en solo et en duo se succèdent. On retrouve ainsi Michel Seba, autre comparse du groupe Slang à la percussion udu, Fabrice Colet aux tablas, Dhruba Ghosh au sarangi ( instrument indien aux multiples cordes ) et Barbara Wiernik au chant.

« Le Murmure de l’Orient » est un coffret surprenant lorsqu’on connaît le passé jazz du souffleur, encourageant et prometteur quant à ses possibilités, ouvertures et possibilités musicales. Le temps s’arrête pendant 112 minutes et même d’avantage si vous avez des affinités complémentaires de lecteur. Le coffret est particulièrement soigné et possède une forme longitudinale appropriée à cette narration de voyage intérieur et physique. Comme s’il s’agissait d’un carnet de route. Une chose est sûre, la flûte bansuri a permis à Manu Hermia de se trouver ou de se retrouver.

Nous attendons déjà le suite de sa maturation.