On connaît davantage Manuel Hermia comme saxophoniste de jazz, notamment dans le trio Slang ou aux côtés de Pierre Van Dormael dans l’Eklectic Quintet et Acid Colors. Le tems d’un voyage en Inde et d’une pause dans l’une des sept villes saintes de l’hindouisme, à Varanasi, autrement nommée Bénarès, il se découvre une passion pour la flûte bansuri.

Une longue tradition religieuse persiste autour de cet instrument, flûte traversière de bambou percée de sic trous, dont Krishna, une des multiples incarnations de Vishnu,en était virtuose.

Amoureux de l’Inde et de sa culture, Manu Hermia s’empresse tout naturellement d’étudier sérieusement les secrets de la bansuri avec plusieurs maîtres. Après avoir tenté de l’introduire dans plusieurs de ses aventures musicales, entre autres Slang, l’envie lui prend de réaliser un projet plus proche de la musique indienne classique.

Tout en conservant l’intention, les râga, il a formidablement adapté la structure à quelque chose de plus inventé, plus proche du jazz, avec des compositions originales. Manu Hermia charme tant en solo qu’en duo ou trio, avec Barbara Wiernik au chant, Dhruba Ghosh au sarangi, Fabrice Colet au tablas et Michel Seba au udu.

« Le Murmure de l’Orient », avec ses climats émotionnels et méditatifs particuliers, très doux, compose un vrai partage spirituel autour de la musique, mais aussi du voyage, des rencontres humaines et de philosophies. Un captivant livret de textes et de photos, également de Manuel Hermia, accompagne idéalement ce double album hors du commun. A s’offrir d’urgence !